Patriote-IDF Admin

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 | Sujet: SDRIF : Intervention générale de Marine Le Pen Sam 17 Fév - 13:19 | |
| 15 Février 2007
Monsieur le Président, chers collègues,
Après trois années de procédures, de consultations citoyennes et de colloques en tous genres, voici, enfin, l’heure de l’adoption par notre assemblée du nouveau schéma directeur de notre région.
Toutefois, en dépit du travail considérable et des mois de préparatifs qui ont été nécessaires, la masse des amendements déposés ne témoigne pas d’une rédaction très sereine...
On ne compte, en effet, pas moins de 200 amendements présentés par l’exécutif, et plus de 300 déposés par les groupes, outre les motions de procédure, ce qui représentent une quantité jamais vue de mémoire d’élu régional pour un seul dossier.
Encore ce matin, nous recevons une nouvelle série de modifications, présentées par divers amendements de l’exécutif. Après trois ans de réflexions, voilà qui fait quelque peu désordre.
Aussi, avant de dire quelques mots de notre vision de l’Ile-de-France de demain, je ferai au préalable quelques remarques de forme et de fond sur le document qui nous est présenté.
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Sur la forme, tout d’abord, le projet de SDRIF apparaît à l’oeil trop dense : les cartes sont souvent confuses, l’écriture laborieuse. La valeur contraignante de ces cartes est d’autant moins évidente que leur sens n’est pas toujours immédiatement appréhendable et que leur précision est discutable.
Le projet de SDRIF est ensuite un grand puzzle, agrégeant les visuels et les thématiques, sans qu’il s’en dégage spontanément une véritable logique.
A l’image de Mme Royal qui bâtit son programme présidentiel en accumulant des mesures de détail relevant plus d’un secrétaire d’Etat, vous concevez la vision à long terme de la région autour d’une accumulation de prescriptions locales ou de grands principes à l’énoncé vague, desquels on a peine à dégager de grands axes.
La vocation d’un document traçant l’avenir d’un français sur 5 à horizon d’un quart de siècle doit-il être, par exemple, de déterminer si telle parcelle de telle commune doit ou non être constructible ? Sans doute pas…
Dans la même veine, les amendements que l’on trouve s’apparentent, pour beaucoup, à un cahier de doléances des collectivités ou des intérêts locaux, auxquels s’ajoutent les pétitions de principe idéologiques ou les amendements bavards. Le résultat est un patchwork où le clientélisme n’est jamais loin.
Le texte du rapport lui-même est à la fois un manifeste politique et un vaste dictionnaire de priorités, dont beaucoup ont vocation dans la pratique à rester lettre morte.
Vous avez ainsi choisi de graver dans le marbre vos orientations politiques et de lier vos successeurs, comme par exemple sur le logement, social et collectif, ou sur le choix des territoires prioritaires: toujours l’Est et la petite couronne au détriment des départements plus ruraux, comme la Seine et Marne.
Mais vous écrivez également nombre de choses que vous ne pensez même pas, où que vos politiques contredisent. Vous parlez par exemple de mettre en valeur les structures paysagères héritées de l’histoire, de l’accession à la propriété, du logement pour les classes moyennes.
Je note par ailleurs que la discrimination négative promue par le PC sous le vocable de critérisation ou de modulation entre encore ici par le biais d’amendements. Il s’agit d’une politique de forcing qui a pour but d’imposer ce système en le présentant à toutes les sauces. Le but, on le sait, est de défavoriser les communes vertueuses, de privilégier les communes de gauche, et de faire payer par tous le prix des politiques sociales et migratoires délirante de certains.
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Mais je voudrais surtout dire ici quelques mots de la vision que nous avons de l’Ile de France de demain, en insistant tout d’abord sur le fait que le Front National n’a pas pu être associé à l’élaboration de ce document, contrairement aux autres partis politiques qui agissent au travers de leurs élus. Votre projet pour la Région sera donc marqué d’un pêché originel, celui de prétendre construire l’avenir d’une collectivité sans entendre la voix des 15% d’électeurs que nous représentons.
Peut être est-ce parceque nous seuls dénonçons l’absurdité d’un schéma directeur qui ne traite à aucun moment de l’immigration, tabou suprême dans cet hémicycle comme ailleurs.
Il est vrai que seuls 40% des millions d’étrangers vivant en France résident en Ile de France, ce qui rend le problème négligeable à vos yeux. Et je ne parle pas des problèmes posés par les plusieurs centaines de milliers de sans-papiers résidant dans la région capitale, notamment en Seine Saint Denis, le paradis rouge pour toutes les clandestinités.
Nous estimons pour notre part indispensable de porter un coup d’arrêt aux flux d’ayants droits étrangers, dont la seule affectio societatis avec la France repose sur les avantages matériels qu’elle leur accorde. Votre politique du logement est à ce titre une aberration totale : tant qu’il y aura un open bar pour tous ici bas, les gens viendront pour boire !
Nous pensons donc qu’il faut mettre un terme aux politiques ruineuses et auto entretenues de subventions à l’immigration, pudiquement englobées ici sous le vocable de rééquilibrage territorial.
Par ailleurs, nous pensons qu’il est temps de stabiliser la population francilienne, et d’éviter son accroissement continuel, à l’origine du dilemme entre densification et expansion urbaine. Notre territoire concentre déjà près de un Français sur cinq, il ne doit pas avoir pour vocation de gonfler encore et toujours, ce qui accentuerait le déséquilibre démographique au niveau national.
Nous avons ensuite, et depuis plus de 20 ans, plaidé en faveur d’un urbanisme mieux intégré, plus doux, plus humain, plus enraciné dans la tradition locale, par opposition à l’architecture collectiviste et aux ensembles de béton oppressants. Le cadre de vie est une des conditions du bien être, aussi nous regrettons que, à l’heure où le SDRIF fait une place aux normes environnementales, rien ne soit fait en faveur de cet environnement là.
Le transport routier ne devrait ensuite pas être à ce point délaissé comme vous le faites. Les amendements de l’opposition montrent qu’il existe des besoins nombreux et qu’il est illusoire de prétendre remplacer les déplacements en voiture par des transports en commun sur toute une région. Nous restons partisans d’un effort financier équilibré, à parité entre l’un et l’autre, en soutenant les grands projets d’infrastructures pour remédier à l’asphyxie de certains axes et aux inconvénients considérables qu’elle représente pour les usagers comme pour notre économie.
Nous reviendrons, au travers des motions que nous avons déposées, sur quelques uns des points qui nous paraissent important de souligner, je ne m’étends donc ici pas plus.
En revanche, j’insiste sur le fait qu’il nous semblerait logique qu’un travail comme le SDRIF implique d’avantage les citoyens. Nous avons en conséquence demandé un référendum sur l’adoption de ce schéma directeur, lui qui concerne en premier chef tous les franciliens. Cette procédure serait dans la logique de votre engagement de rapprocher le Peuple des décisions dans le cadre de la démocratie participative.
Mais une fois de plus, la révision constitutionnelle de 2003, tout comme celle de 1995, aura ouvert pour rien de nouvelles voies référendaires.
Les pouvoirs en place, comme le votre, élus grâce à des modes de scrutin inégalitaires faisant bon marché des équilibres politiques réels, ont peur de la parole du Peuple, tout juste bon à faire de la figuration dans des jurys ou des assemblées citoyennes, aussi dociles que dépourvues de pouvoir réel.
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En définitive, Monsieur le Président, alors que le SDRIF de 1994 n’a, dans une large mesure, pas été respecté, nous avons des raisons de penser qu’il pourrait en aller de même pour celui-ci. Ce nouveau SDRIF est en partie une série de voeux, dont il n’est pas certain que ses propres promoteurs souhaitent l’application exhaustive.
En outre, dans ce recueil consolidé des desideratas locaux, on perçoit certes le brassage d’un grand nombre de données, mais on ne peut que regretter le manque de hauteur de vue. L’Etat à l’époque Delouvrier savait au moins imposer une ligne. Il manque ici un véritable arbitrage, capable de trancher face aux bureaucraties, aux intérêts des potentats locaux, aux grandes entreprises et aux groupes de pression.
Pour le reste, le débat qui s’engage risque donc d’être plus monotone qu’autre chose, hormis les quelques coups de bluff prévisibles et habituels de vos alliés, qui, comme toujours, et après obtenu tel ou tel avantage, voteront docilement votre document. C’est donc sans grand enthousiasme que nous entamons pour notre part ce débat. _________________
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